

Wolfred Nelson
- Médecin, homme politique et patriote. Naissance en 1791, fils de loyalistes (pendant la révolution américaine). Arrivé à Sorel, à 3 ans. Neveu de l’amiral Nelson. Frère de Robert Nelson, un autre patriote.
- Permis de médecin en 1811. Il exerce sa profession au sein de l’armée britannique.
- Il affirme qu’il était un ardent « tory” dans sa jeunesse. Mais son opinion des catholiques et des canadiens-français s’est modifiée à leur rencontre. D’ailleurs, sa conversion aux idées réformistes l’a amené à entrer en politique active en 1827. Dans son comté de Sorel, il a affronté et vaincu le procureur général du Bas-Canada (James Stuart, qui était appuyé ouvertement par le gouverneur Lord Dalhousie). Il ne sollicita pas de second mandat en 1830.
- Par la suite, il est devenu juge de paix et établit une grosse distillerie à Saint-Denis. Cependant, en 1834, l’assassinat de son ami politique, Louis Marcoux, au cours de la campagne électorale, l’enflamme et le force à protester contre les abus du Conseil exécutif. Il vit à St-Denis avec sa femme (une canadienne-francaise catholique).
- En 1837, il préside des assemblées de protestation et doit renoncer à ses fonctions de juge de paix. Au cours des assemblées, il propose comme première résolution : « quand une forme de gouvernement, quelle qu’elle soit, devient destructrice, c’est le droit du peuple de la modifier ou de l’abolir… » Suite à cela, un mandat d’arrestation est émis contre lui et ses collègues Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O’Callaghan (qui avaient rejoint Nelson à St-Denis).
- Dans la nuit du 22 novembre 1837, une double attaque est prévue par les forces britanniques. Parti de Chambly et Sorel, il est question de s’emparer secrètement de Saint-Denis. Les forces semblent inégales : des cultivateurs contre l’armée d’un vétéran de Waterloo. Pourtant, Nelson, au passé militaire, n’est pas intimidé par les uniformes. En raison de la fatigue, des conditions météo, l’armée est forcée de battre en retraite.
- La bataille était gagné, mais non la guerre. C’est pourquoi, Nelson s’enfuit dans les bois le 1er décembre Ainsi séparé de ses compagnons, il erre et se fait finalement capturer dans les Cantons de l’Est. Il est amené à Montréal pour son procès pour haute trahison. Il passe 7 mois en prison et fut exilé au Bermudes après son jugement de culpabilité.
- En 1838, le désaveu de l’ordonnance de Durham permet aux exilés de quitter les Bermudes. En 1839, Nelson ouvre un bureau de médecin à Plattsburgh (New York) et rejoint sa famille.
- En 1842, grâce aux démarches de son ami Louis-Hippolyte Lafontaine, il revient au Canada. Nelson ouvre un nouveau bureau de médecin à Montréal. Mais la politique l’interpelle toujours. Il décide de se relancer en politique en militant pour le principe de gouvernement responsable. Il agit au titre de défenseur des droits des Canadiens-Français. En 1845, il prononce son 1er discours en français (langue interdite) à l’Assemblée législative de l’Union.
- En avril 1849, il a la satisfaction de répondre aux besoins de ses électeurs, il obtint le principe de gouvernement responsable. Il milite aussi pour l’abolition de la peine de mort. Il a 60 ans et annonce sa retraite politique. Il devient alors inspecteur des prisons et asiles de la province.
- En 1854, il devient le premier maire élu au vote populaire de la ville de Montréal. Il engage des inspecteurs municipaux, favorise les mesures de bien-être pour les pauvres, et recommande la création d’un parc au sommet du Mont-Royal. À la fois, il exerce toujours comme médecin. Finalement, il meurt en 1863, à l’âge de 71 ans à Montréal. Il est enterré au cimetière anglican de Sorel.
Catherine Brulotte

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