Le Protestantisme - Dr. John Simons

Le protestantisme n’est pas un phénomène unitaire. Le terme vient du seizième siècle et décrit les membres dissidents d’un congrès du Saint Empire Romain. C’est lors de la Diète de Speyer en 1529 que ceux qui protestaient les décisions de la majorité catholique étaient désignés de l’appellation “protestants.” Le terme a pris une plus grande ampleur pour désigner aussi tous ceux qui adhéraient aux principes théologiques des réformateurs du seizième siècle, principalement Martin Luther, Jean Calvin et Uldrich Zwingli.


Bien que les protestants étaient unis dans leur opposition à la papauté, et ainsi invoquaient l’autorité de la bible en réformant la doctrine de l’église et ses pratiques, ils n’ont pas créé une nouvelle église basée sur un nouveau credo et un nouveau ministère. D’un côté, les réformateurs du seizième siècle n’avaient nullement l’intention de créer une nouvelle église. Ils interprétaient leur travail comme une épuration de la même église catholique qui existait depuis le temps des apôtres. Si le protestantisme au seizième siècle est anti-romain, il n’est pas anti-catholique au sens théologique du terme. De l’autre côté, les protestants n’ont pas réussi à développer une pensée commune au sujet des points de divise de la théologie et de la pratique, avec comme résultat les divisions qui dérivaient du seizième siècle ont persisté jusqu’à nos jours, mais certaines ont été atténuées par l’influence du mouvement œcuménique.


Conséquemment à la Réforme, de nouveaux mouvements religieux au sein des anciennes églises protestantes ont mené à de nouvelles divisions. Par exemple, la Guerre Civile Anglaise du dix-septième siècle opposait les protestants tenants du règlement de la religion sous la Reine Elizabeth I (the Elizabethan Settlement) et autres protestants de théologies diverses qui croyaient que l’Église d’Angleterre n’était pas assez réformée. La résolution finale de ce conflit, après l’exécution du roi et une période durant laquelle la monarchie et l’Église d’Angleterre étaient réprimées, était la Restoration sous le Roi Charles II en 1660. La Restoration amena l’établissement de l’anglicanisme en Angleterre, ce qui veut dire que la forme anglicane du protestantisme a obtenu une place privilégiée dans la constitution Anglaise, privilège qu’elle possède toujours. Mais notamment, au même moment, l’on votait des lois pour la tolérance des non-anglicans, c’est-à-dire des protestants dissidents dont les libertés civiles et religieuses étaient très réglementées. Les droits civiles et religieux des catholiques romains et les juifs n’étaient pas reconnus avant le dix-neuvième siècle. Il est à noter que lorsque le Canada est devenu dépendant de la couronne britannique, les droits civiles et religieux des catholiques y étaient reconnus avant que ceux-ci le soient en Angleterre. J’élaborerai sur les liens entre le protestantisme et la liberté religieuse dans un moment. J’aimerais d’abord mentionner deux autres mouvements.


Au dix-huitième siècle, le renouveau évangélique dans l’église anglicane mena à l’émergence du mouvement méthodiste ou Wesleyen, qui finit par s’organiser en corps autonome et s’est séparé de l’Église d’Angleterre. En Angleterre et en Amérique, l’église méthodiste a eu une profonde influence sur la vie religieuse des protestants de langue anglaise et cette influence s’est en effet étendue autour du globe grâce au mouvement missionaire des dix-neuvième et vingtième siècles. L’Église Unie du Canada est la plus grande église protestante au Canada. Elle fut formée par l’Acte d’Union de 1925 qui a réuni méthodistes, congrégationalistes et quelques presbytériens, mais pas tout.


Au début du vingtième siècle est né le mouvement pentecôtiste aux États-Unis qui est maintenant le mouvement chrétien dont la croissance globale est la plus rapide. Le pentecôtisme est aussi un fils du protestantisme, quoiqu’il représente une critique des formes plus traditionnelles du protestantisme. Alors que le protestantisme est une tradition du seizième siècle, elle est vraiment une religion de la Parole, se basant sur l’autorité des écritures en tant que critère des vérités doctrinales, et met l’emphase sur le prêche par des pasteurs éduqués, comme ministres par lesquels la foi est éveillée et renforcie; le pentecôtisme est une religion de l’Esprit. Les croyants cheminent vers le baptême dans l’Esprit Saint accompagnés de signes tels le parler en langues, les guérisons miraculeuses, et les prophéties. En effet, si nous distinguons la prophétie du prêche, la prophétie est un point important du pentecôtisme. Les pentecôtistes, en d’autres mots, se basent sur des révélations spirituelles directs pour suppléer l’autorité biblique, et même dans certains cas, la remplacer.



John Simons est directeur du séminaire diocésain de Montréal.



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